Les SCPI européennes

Les SCPI européennes

Acquis par la SCPI Corum XL à Oldbury au Royaume-Uni, cet actif de bureaux – qui offre un taux de rendement actes en main de 6,55% – témoigne de l’intérêt maintenu des SCPI européennes pour l’immobilier tertiaire britannique.       

            Les SCPI stimulées par un afflux de capitaux sur le marché européen

            Les élections politiques européennes de 2016 et 2017 n’ont pas entamé le dynamisme du vieux continent en termes d’investissements immobiliers. Ceux-ci ont même augmenté au cours de la dernière année écoulée dans le secteur de l’immobilier d’entreprise. Alors que 230 milliards d’euros ont été injectés dans les actifs tertiaires européens en 2016, ce sont 291 milliards d’euros qui ont ainsi été investis dans l’immobilier d’entreprise en 2017, soit une augmentation de près de 27% sur une seule année. Si Paris était placée par CBRE à la tête de son classement des villes européennes les plus attractives pour les investisseurs immobiliers en 2017, ces derniers voient également dans l’immobilier européen une source de diversification de leur patrimoine.    

            Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier, légalisées en décembre 1970, témoignent aujourd’hui de cette attractivité de l’immobilier européen. Alors que seules 2 SCPI européennes existaient ainsi en France avant l’année 2012, c’étaient ainsi 9 SCPI qui proposaient des produits sur le marché immobilier européen en mars 2018. Une internationalisation s’expliquant d’une part par la nécessité pour les SCPI – dans un contexte d’afflux de capitaux – d’investir dans des actifs valorisés à plus de 100 millions d’euros, trop peu nombreux pour répondre à la demande sur le seul marché français. Elle s’explique par ailleurs par une volonté d’optimisation du rendement et de diversification du capital des investisseurs particuliers français.

            Une rentabilité accrue et sécurisée ?

            Ainsi qu’analysé par le cabinet de conseil Savills, la part des capitaux investie par les SCPI dans hors de l’hexagone, par rapport à la totalité de leurs investissements immobiliers, est ainsi passée de 14% à 36%. Certains gestionnaires d’actifs ont même fait le choix de d’investir plus de la moitié de leurs capitaux dans l’immobilier du vieux continent par le biais de SCPI européennes. Ainsi Advenis et La Française REM ont-ils fait le choix de se positionner dans l’immobilier de bureaux européen, par le biais d’Eurovalys et LF Europimmo, en y injectant respectivement la totalité et 80% de leurs ressources financières.

            Alors que les SCPI européennes proposent – ainsi que leurs sœurs focalisées sur le marché français – des produits accessibles aux investisseurs particuliers pour un millier d’euros, elles s’en détachent aujourd’hui par les rendements avantageux qu’elles proposent. Ainsi la SCPI Corum, présente dans 11 pays de la zone euro, est-elle aujourd’hui la meilleure des SCPI existantes avec un taux de rendement net de 6,45%. Ce rendement accru peut notamment s’expliquer par des raisons fiscales, les revenus fonciers dégagés par les SCPI en Europe étant taxés selon le régime fiscal des pays de localisation de ces actifs, et non pas selon le régime français.

            L’investissement immobilier à l’étranger doit toutefois être précédé d’une analyse de la fiscalité du pays de localisation de l’actif, de même que prendre en compte le risque d’une double imposition sur les revenus dégagés. Alors que le Royaume-Uni, l’Espagne ou les Pays-Bas offrent toujours des opportunités d’investissement intéressantes, l’immobilier européen n’échappe pas par ailleurs à l’augmentation des coûts d’acquisition d’actifs qui marque aujourd’hui le marché immobilier français. La raréfaction du nombre d’actifs disponibles à la vente, offrant à la fois rendement et sécurité, devra par ailleurs pousser les SCPI européennes à opter pour des investissements plus risqués afin de maintenir leurs marges.   

Un article rédigé par L'équipe Wellstone .