Socfim, nouveau modèle bancaire pour l’immobilier ?

Socfim, nouveau modèle bancaire pour l’immobilier ?

SOCFIM prenait à bail en janvier 2018 la dernière partie inoccupée du 10 boulevard de Grenelle dans le 15e arrondissement de Paris. Filiale du Crédit Foncier, l’acteur du crédit immobilier aux promoteurs devrait survire à sa société mère tout en diversifiant ses activités.   

            SOCFIM, le choix de la diversification

                  Fondée en 1993, la Société Centrale pour le Financement de l’Immobilier s’est affirmée – depuis son rattachement au Crédit Foncier en 2006 et au Groupe BPCE en 2009 – comme le deuxième acteur du financement de la promotion immobilière dans l’hexagone. Originellement présente sur le marché de l’immobilier de logements tant neufs qu’anciens, SOCFIM accompagne aujourd’hui promoteurs, marchands de biens, lotisseurs et fonds opérateurs dans le financement de 47 900 actifs résidentiels. La filiale du Crédit Foncier a cependant su diversifier sa gamme de services afin de renforcer ses marges commerciales, et participe en conséquence aujourd’hui au financement de 1 600 000 mètres carrés d’actifs tertiaires.

                  Ainsi la SOCFIM s’affirme-t-elle dans le financement d’actifs de bureaux dans les métropoles parisienne, lyonnaise, lilloise et marseillaise. Ce sont au total 269 770 mètres carrés de surfaces de bureaux au financement desquels la société participe, auprès de promoteurs d’envergure à l’instar de Bouygues Construction, Constructa ou encore Nexity. Avec les groupes Pacaud, Desjouis et Codic, SOCFIM s’est également lancée dans le financement de galeries commerciales, pour un total de 46 200 mètres carrés. Auprès d’Atland, Panhard et IDEC, la filiale du Crédit Foncier s’est en outre engagée dans les investissements logistiques,  pour un total de 63 347 mètres carrés.

                  Prises de parts, engagement digital et restructurations d’actifs

                  La stratégie de diversification des activités de la SOCFIM ne s’est pas résumée à cibler une gamme plus large d’actifs immobiliers. Au travers de sa filiale SOCFIM Participations Immobilières, la SOCFIM s’est en effet attachée à prendre part au capital de structures porteuses d’opérations de promotion, de lotissement et de marchand de bien. Toujours minoritaire au capital de ces véhicules, la SPI dispose de 22 millions d’euros afin de mener à bien ses activités. Aujourd’hui, alors qu’a été annoncée la fermeture du Crédit Foncier au premier semestre 2019, SOCFIM a l’occasion de diversifier plus encore ses missions au sein du groupe BPCE.

                  SOCFIM n’est pas en effet un acteur minime pour son entité mère. La société administre en effet un portefeuille de 4,6 milliards d’euros de crédits et engagements par signature, d’une part pour son propre compte mais également au nom d’autres entités du groupe BPCE. SOCFIM contribue en outre à stimuler les résultats du groupe, en s’appuyant sur un résultat net de 11 millions d’euros avant impôt en 2016, et en produisant 2,1 milliards d’euros par an. Aussi la fermeture du Crédit Foncier pourrait-elle avoir pour conséquence la diversification des activités de la SOCFIM qui se verrait attribuer une capacité à intervenir dans les investissements de long terme.

                  Il s’agit désormais pour la SOCFIM de se positionner sur le marché des produits immobiliers digitaux, en témoigne son partenariat conclu en avril avec la startup HabX. La plateforme proposera aux promoteurs une offre des offres de crédit-promotion, avec des taux de crédit personnalisés, des frais de dossiers avantageux et des fonds propres requis plus minimes que dans le cadre de schémas de financement classiques. Autre terrain de différenciation pour la filiale de BPCE, SOCFIM s’est en outre engagée avec Novaxia dans la transformation d’actifs de bureaux obsolètes en logements. Un type de marché qui devrait se développer dans le cadre de la loi ELAN.

Un article rédigé par L'équipe Wellstone .